Dépistage du mélanome par dermoscopie

Dermoscopie simple.

Seul le diagnostic de mélanome au stade précoce permet de diminuer la mortalité liée à ce cancer. Grâce à un petit appareil manuel, il est possible de dépister beaucoup plus facilement le mélanome. Il est aussi plus facile de rassurer un patient au sujet d’une tache qui pouvait paraître suspecte à l’œil nu.

La dermoscopie est d’une grande utilité, mais seulement si elle est pratiquée  par des médecins formés spécifiquement en la matière.

Mots-clés : Dermoscopie

Médecins pratiquant cette technique

 

 

Dermosocpie simple
Mélanome difficile à diagnostiquer à l’oeil nu
Mais évident à l’examen dermoscopique

 

Dermoscopie digitalisée (ou cartographie)

Face aux patients présentant de multiples grains de beauté irréguliers, (naevus atypiques)  il est difficile de se contenter du seul examen au dermoscope manuel. En effet, un mélanome tout débutant ne se distingue parfois en rien d’un naevus atypique. Si la lésion est unique et que la chirurgie ne pose pas de problème, la lésion sera excisée. Mais si plus de 10 voire 20 naevi sont tout aussi inquiétants les uns que les autres, que faire ? C’est ici que prend place la dermoscopie digitalisée : la prise de clichés photographiques permet d’évaluer l’évolution des lésions dans le temps.

La première cartographie digitalisée est un examen d’assez longue durée (3/4h environ). Après examen minutieux de tous les naevi et marquage des lésions atypiques, l’ensemble du tégument est pris en photo avec un appareil photo classique sous forme de 8 clichés. Ces clichés cliniques ont un double but (i) y repérer les lésions atypiques, (ii) servir de référence en cas de suspicion d’apparition d’une lésion nouvelle : 70  à 80 % des mélanomes apparaissent de novo. Les lésions atypiques sont ensuite enregistrées grâce à une caméra dotée d’une tête spéciale pour clichés dermoscopiques. Cette dernière étape sera répétée quelques mois plus tard. Grâce à cette méthode de comparaison dans le temps, toute modification de naevus pourra être dépistée ; la lésion en question sera alors excisée et analysée afin de savoir s’il s’agit d’un mélanome ou d’un naevus atypique qui s’est simplement modifié.

Les mélanomes repérés par dermoscopie digitalisée comparative sont toujours des lésions très débutantes, donc d’excellent pronostic. Pour autant que la lésion soit plane et le reste durant les 3 mois qui suivent (autosurveillance par le patient), cette méthode est validée par les experts dans le sens où d’une part elle ne met pas en jeu le pronostic vital du patient en cas de mélanome avéré et où d’autre part la durée de 3 mois est souvent suffisante pour évaluer l’évolution de la lésion. Afin de tenir compte des « mélanomes à croissance lente », un contrôle à un an sera également proposé.

Attention, l’indication de cartographie complète est posée soit par le dermatologue qui adresse le patient au cabinet, soit par le Dr Dumon ou Dr Deswysen.

Médecins pratiquant cette technique

 

 

Prise en charge des naevus difficiles

La dermoscopie digitalisée  est parfois utilisé pour le suivi de l’un ou l’autre naevus isolé.  En effet, certains grains de beauté ne sont que peu suspects et leur excision poserait problème, citons par exemple :

  • les zones à risque de mauvaise cicatrisation, voire de chéloïde (décolleté, épaules)
  • les zones à cicatrisation difficile ou douloureuse (plante du pied par exemple)
  • jeunes enfants

Médecins pratiquant cette technique

Etes-vous à risque de développer un mélanome ?

Oui, si vous présentez un ou plusieurs des facteurs de risque suivants : 

1. Vous avez déjà souffert d’un mélanome

Les patients ayant un antécédent personnel de mélanome ont un risque d’environ 8% de développer un second mélanome au cours de leur vie

2. Plusieurs personnes de votre famille ont souffert d’un mélanome

Vous êtes considéré à risque si une personne, ou surtout si plusieurs personnes de votre famille proche (frère, sœur, parent, enfant) ont présenté un mélanome. Ce risque est à prendre en compte seulement si la personne a présenté le mélanome avant 50 ans.

3. Vous avez plus de 50  naevus (ou grains de beauté) et/ou vous avez plusieurs naevus atypiques (plus de 5 mm, irréguliers).

Un de vos grains de beauté peut se transformer en mélanome. Cependant, chez vous comme dans la population normale, 70% des mélanomes se développent de novo, c’est à dire sur peau normale. L’excision préventive des naevus atypiques n’est donc pas justifiée !

4. Vous avez souffert de coups de soleil intenses et multiples durant l’enfance

Vous avez vécu en pays tropical

Vous avez fait du banc solaire de façon régulière dès l’adolescence

Si vous avez vécu l’une de ces situations, vous risquez de développer un mélanome, d’autant plus que votre peau est claire, bronze mal et présente des taches de rousseur.

Les localisations les plus fréquentes sont très variables suivant le sexe : membres inférieurs chez la femme, tronc chez l’homme. Cette différence n’est pas attribuable à des modes différents d’exposition solaire mais semble bien d’origine génétique ; elle est d’ailleurs parallèle aux distributions des naevus selon le sexe.